5 nov. 2015

Du consommateur au consommateur esclavagiste


Le 5 novembre 2015 sortait chez H&M en France (je pense que ce devait être une sortie mondiale mais dans le doute je m'abstiens) la collection capsule Balmain.

Quelques pièces par magasin pour quelques acheteurs qui réussiront à se les procurer.

Et ce fut la ruée vers l'or !


Du consommateur au consommateur esclavagiste

En fait c'est terrible.

Des pièces fabriquées par les nouveaux esclaves des temps modernes.

Des pièces achetées et portées seulement quelques jours le temps d'être remplacées par d'autres pièces alors qu'elles ne seront même pas usées.

Ces nouvelles pièces elles-mêmes fabriquées par les esclaves des temps modernes.

Des fringues dans nos armoires, des fringues partout autour de nous. Des robes à 30 €, des chemises à 15€.

La collection capsule de Balmain n'est qu'une collection marketing, il n' y aucun savoir-faire de couturière derrière, aucune belle finition de la belle couture française.

C'est cheap, les matières sont cheaps comme pour toutes les marques bon marché fabriquées par des esclaves des temps modernes. 

Et ce sont nous les consommateurs qui sommes responsables de cet esclavagisme. Nous sommes responsables parce que nous voulons toujours plus de fringues pour toujours moins de fric. Nous refusons de payer le savoir-faire d'une couturière, d'une brodeuse.

Alors, les marques délocalisent pour trouver de travailleurs aux salaires toujours plus bas et aux conditions toujours plus précaires. Ils travaillent 10h, 12h, 6 jours sur 7 dans des conditions inadmissibles. Dès leur plus jeune âge, ils travaillent pour fabriquer nos sacs, nos vêtements, nos chaussures pour que nous puissions entasser encore et encore des jeans, des tee-shirts, des robes !

Les ateliers en Inde sont aujourd'hui délocalisés en Ethiopie, vous savez pourquoi ? Parce qu'en Ethiopie, à part pour les fonctionnaires, il n'y a pas de salaire minimum, alors qu'en Inde oui. Même s'il est ridicule. Donc les fabricants délocalisent en Ethiopie pour que l'on paye encore moins cher nos vêtements.

Voilà de quoi nous sommes responsables. Voilà ce que nos choix de consommation entraînent.  Nous voulons tellement de produits de consommation que nous renforçons un néo esclavagisme. Les plus pauvres, les plus faibles sont utilisés pour créer ce que nous allons consommer et jeter car nous voulons être "tendance", nous voulons le dernier produit en vogue. Ici en l'occurence les habits.

Pourquoi ne pas user, échanger, chiner ? Les boutiques vintage regorgent de pièces magnifiques ! Il y a tellement de solutions pour arrêter de surconsommer, pour arrêter cette course folle à toujours plus de fringues. Car est-ce vraiment utile d'avoir toujours plus de fringues ? A quoi cela nous sert-il vraiment d'avoir toujours plus de fringues ? Personnellement j'ai arrêté cette course effrénée et oui parfois je trouve que mon look ne se renouvelle pas beaucoup, mais au moins j'utilise mes habits encore et encore. Au final je ne me sens pas aussi en décalage que cela avec la société et mon look est pourtant remarqué. J'achète deux ou trois belles pièces par saison au lieu d'une multitude de pièces. L'un dans l'autre cela revient au même budget. Du coup ce n'est pas une raison économique, c'est vraiment un choix de consommation que je fais. Et vous ?

J'aimerais beaucoup avoir votre avis en commentaire, savoir ce que vous vous en pensez ?
Deby Mag Web Developer

Deborah Bete, 40 ans mariée, un enfant.
J'habite et travaille à Paris.
Enthousiaste et mordue de make-up, de produits de beauté. Mais également très gourmande, c'est pour cela que je parle de temps en temps de gourmandise...

20 commentaires:

  1. Coucou,
    comment vas tu? Pour le coup je suis d'accord avec toi sur Balmain et H&M: c'est du marketing. Et ce n'est pas moi qui irait acheté cette collection.
    Le fait de vouloir trouver moins cher est une pure réalité. Moi qui travaille pour ma société et qui travaille maintenant à temps partiel à côté; je n'ai pas les moyens de mettre 65€ dans une pièce voir 150€ dans du made in France car petit salaire. Oui, certaines sont conscientes et j'en fais partie. Je sais que ce sont des gens qui sont pauvres qui fabriquent nos vêtements. Cependant, je pense que les marques pourraient fabriquer ailleurs qu'en Ethiopie, dans un pays où la misère est moindre et payer des gens selon leurs expériences et le smic de leur pays. Cependant, il ne faut pas jeter la pierre qu'aux consommateurs. Les marques aussi ne veulent pas acheter cher les tissus. Elles en profitent énormément. Nous sommes deux dans l'affaire à être fautif.
    Non?
    Bisous

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    1. Bonjour, je te remercie je vais bien.
      Les friperies permettent justement de ne pas mettre ce prix dans des habits.

      De plus quand tu achètes des vêtements est-ce juste parce que tu veux les renouveler ou bien parce que ceux-ci sont usés ? Sincèrement c'est parce que nous voulons toujours plus de vêtement que nous voulons les acheter à bas prix.

      Nous pouvons aussi les échanger pourquoi vouloir posséder la dernière nouveauté.

      Nous je pense que les entreprises pour le coup ne font que répondre à un besoin de bas prix que nous consommateur voulons. Après le côté marketing c'est autre chose et ce n'est pas l'objet de mon article.

      Je te souhaite une belle journée.

      Deby

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  2. Je crois qu'il est très facile pour toi d'avoir une opinion sur la consommation. C'est vrai qu'il y a les fripperie ou les boutiques vintage. Mais par là où j'habite il n'y en a pas, et d'ailleurs il n'y a pas de H&M non plus. Nous avons d'autres boutiques d'habit pas cher et les marques supermarchés. Je sais que c'est fabriqué en Inde ou en Chine, mais je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas m'habiller à la mode alors que tout le monde le fait. Franchement c'est un peu facile de critiquer un comportement quand on a soit même plein de choses qui est envoyer par des marques et que l'on ne les achètes pas. Mais je ne vois pas pourquoi moi je serais plus responsable qu'une autre.

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    1. Je suis issue d'une région où il y a ce type de boutiques justement malgré tout il peut y avoir d'autres solution. Cela n'empêche pas de ne pas vouloir entasser les vêtements, de ne pas vouloir entasser les paires de chaussures, de ne pas entasser pleins de trucs qui ne sont pas usés et renouveler juste pour suivre une mode éphémère décider pour faire consommer.

      Je sais que cela a l'air facile pour moi d'écrire tout cela, mais il faut aussi à un moment donner prendre nos responsabilité et refuser de succomber aux sirènes de tout cela.

      Belle journée.

      Deby

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  3. Bonjour,
    Merci pour ton article.
    Je partage ton avis sur les conditions déplorables des "employés" à l'étranger.
    Personnellement, je préfère acheter peu, mais bien car j'aime valoriser nos petites mains, notre patrimoine, notre culture, mais je comprends qu'au vue de la conjoncture actuelle, la France s'appovrissant, les consommateurs aillent sur des produits petits prix et qui dit petits prix dit Etiohie, entre autres...
    Il est vrai aussi qu'il y a de plus en plus de site web d'échange de produits et de service, cela fonctionne très bien. Je pense que l'avenir est dans ces site d'échange de priduits et de service ! A suivre...
    Bisous,

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    1. La question n'est pas d'acheter cher, mais de ne pas acheter pour acheter. Bien sur si on peut acheter Made In France c'est encore mieux.
      Les boutiques vintage, les friperies, les site d'échange sont géniaux pour pouvoir renouveler sa garde robe sans débourser trop d'argent. D'ailleurs je pense que je vais m'y mettre sérieusement pour vider mon dressing et le renouveler.

      La consommation pour la consommation je ne peux plus en fait.

      Belle journée.

      Deby

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  4. Dans le fond je suis d'accord. La société dans laquelle nous évoluons fonctionne sur un modèle de sur consommation. En revanche, je n'ai pas l'impression que tu n'en fasses pas tarie. J'ai flâne sur tes différents profils, et j'ai vu beaucoup de produits de beauté de consommation de masse. Alors, critiquer, pour critiquer... je trouve ça désolant. C'est malheureusement comme ça que notre pays fonctionne. Les marques suscitent l'envie, la dépendance à des choses dont on n'a pas vraiment besoin, et on tombe dedans. Mais bon, pour resister, il faut soit avoir un faible budget, soit, et c'est quand même le mieux, réfléchir avant d'acheter comme un mouton.

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    1. Bonjour Julia,

      Merci pour ton commentaire que je trouve très intéressant.

      Il faut savoir que la plupart des produits de beauté que j'ai sont des produits qui ont été fabriqués en France ou en Italie ou en Europe.

      Après ce sont des produits que je reçois donc je ne peux pas toujours vérifier la provenance et il y en a un paquet dont je ne parle pas parce que justement je sais que l'éthique de l'entreprise ne correspond pas à ce que je recherche dans ma consommation.

      Si je devais acheter mes propres produits je n'aurais pas tout cela c'est évident, mais en tant que blogueuse beauté j'essaye beaucoup de chose pour donner un avis le plus complet possible aux lecteurs et lectrices du blog pour qu'ils puissent consommer le plus clairement possible.

      Je ne leur dit pas de tout acheter mais s'ils souhaitent acheter un ou des produits que j'ai testé ils savent exactement ce que j'en pense. Et si le produit en question se retrouve sur mon blog où dans mes photo instagram c'est parce que c'est une marque qui a une certaine éthique en matière de fabrication de ces produits et de ce fait je n'ai aucun problème moral et en parler. La qualité est au rendez-vous et les ressources humaines aussi.

      Après je ne suis pas à l'abris d'une erreur bien évidement, je ne dis pas que je suis parfaite.

      Belle journée à toi.

      Deby

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  5. Bonjour,
    Je partage complètement ce point de vue. Les consommateurs dont je fais partie, sommes acteurs de nos achats et là en l'occurrence, je pense que nous avons atteint un point extrême qui confine à l'insolence. Perso, je n'achète pas autant et me sens un peu "vieille France" sur le sujet. J'aime la mode mais je suis aussi sensible à ces conditions d'esclavagisme moderne. Il est facile de se trouver tout pleins d'excuses pour ne pas remettre en cause son comportement - CF certains commentaires - Pendant la période de la traite des noirs, je crois que les "petites gens" ne connaissaient pas trop ce qui se tramait sur les bateaux. Ils pensaient naïvement que ces personnes étaient des "sous humains" et considéraient qu'il était d'usage de maltraiter ces personnes. Depuis, les choses sont censées avoir évoluées. Hors, les conditions de travail innommables de ces nouveaux esclaves se fait au vu et au su de tous. Les "petites gens" acceptent à nouveau cet état de fait et s'en accommodent. L'histoire ne se répète jamais tout à fait. Mais, je pense, qu'un jour, nous en paierons le prix.... Qui vivra verra....

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    1. Oui nous sommes acteurs, même s'il est compliqué de consommer de manière éthique. Il est tout de même important de savoir ce qu'il se passe quand nous faisons nos choix de consommation.

      Aujourd'hui nous ne pouvons plus dire que nous ne savons pas.

      Deby

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  6. Je rajouterai : responsable mais pas coupable !

    Nous en paierons le prix fort un de ces quatre, je le crois....

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    1. Je ne parle pas de culpabilité au sens juridique du terme, mais moralement nous avons notre part de responsabilité, ainsi que le marketing qui nous donne toujours plus envie.

      Deby

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  7. Bravo pour ton article que je trouve assez juste dans ce qu'il met en avant à savoir le prix humain d'une mise à disposition d'une grand marque dans une enseigne "cheap".

    Personnellement je suis consommatrice, et je l'avoue sans honte...aussi bien en boutique qu'en friperie.... Ceci dit j'aime avant tout l'authenticité et faire du Balmain chez H&M je ne comprend pas....
    Quand cela se fait au détriment de quelques populations....j’adhère encore moins...
    Je suis pourtant bien consciente de la part d'exploitation dans la fabrication du prêt à porté, celle ci se faisant de façon quasi incontrôlé et incontrôlable.

    Néanmoins, cette dérive s'accentue dans une folie du "luxe à tout prix" au risque de voir encore cet "esclavagisme moderne" se généraliser encore et encore....
    Je ne suis pas sûr que cela apporte à H&M et encore moins à Balmain..... quand aux consommatrices, je trouve judicieux de rappeler que la qualité d'un Balmain authentique n'est pas au RDV....
    WTF

    Leila

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    1. Merci pour ton compliment.

      Le luxe, la qualité, tout cela est un débat qui m’intéresse au plus haut point, tout comme le fait de ne pas faire produire dans des conditions inhumaines des produits qui seront vendu peu cher. Mais il en est de même pour les produits de luxe.

      Certaines maisons de luxe produisent aussi dans des pays ou dans des conditions qui sont irrespectueuses de la condition humaine. Et dans ce cas là il n'y a même plus l'excuse du bas prix.

      Cela me donne envie d'écrire un prochain article. Merci à toi de m'avoir donner cette envie.

      Deby

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  8. Je me retrouve complètement dans ton article. Si on en arrive là c'est bien en raison du comportement des consommateurs qui en veulent toujours plus pour toujours moins cher sans se préoccuper des conditions de travail et de vie de ces esclaves du textile. Lors de l'effondrement du Rana Plaza il y a de ça presque 2 ans j'ai tout remis en question et depuis je n'ai pas acheté un seul vêtement neuf. J'upcycle mes propres vêtements ou même ceux de mon cher et tendre ou bien j'achète d'occasion dans un dépôt vente. Du coup j'ai créé mon blog dans cet esprit récup mais chic j'ai conservé ma coquetterie tout de même.
    Laurie

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    1. Bravo pour ton engagement, mais je reconnais que c'est difficile à faire comme démarche. Moi même je n'y arrive pas.

      Etre chic dans la récup me plait beaucoup comme concept, je vais creuser le sujet.

      Belle journée à toi.

      Deby

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  9. 70% de mes fringues sont chiner en brocante Idem pour 30% de mes chaussures ainsi 90% de mes bijoux.
    Apres certains prefere acheter du neuf, plutôt que de porter quelques chose qui est "une seconde main" et ça malheureusement je crois que c'est pas prêt de disparaître.
    Dans l'esprit des gens, ce qui a été déjà porté par d'autre c'est cheap, ou abîmer ou carrément "sale" alors que bon ... soyons honnêtement les gens ne sont pas si dégueulasse que ça et ils entretiennent plutôt bien leurs affaires :p

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    1. Mais même pour du neuf nous ne sommes pas obligé d'entasser des tonnes et des tonnes de fringues.

      Pour ma part j'aime bien les boutiques vintages. J'adore y dénicher des pièces qui sont uniques, qui me semble uniques.

      Et pour être en boutique vintage les pièces doivent être vraiment de belle qualité.

      Deby

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  10. Bonjour,
    Bravo pour cet article qui soulève un vrai débat! Je partage complètement ta vision de la consommation. J'aime la mode, je suis très coquette mais j'achète de manière responsable : pas d'achat compulsif, recherche de la qualité, goût prononcé pour les pièces vintages. Depuis 2-3 ans, j'achète essentiellement des marques qui fabriquent en France ou de manière éco-responsable. Cela demande beaucoup de temps pour effectuer les recherches. Et puis, j'ai décidé de partager mes bonnes adresses en lançant il y a un mois un site qui s'appelle Ecofashion Paris où je propose de guider les personnes qui le désirent vers les boutiques chics et éthiques de Paris et j'organise de temps en temps des vides-dressing. C'est une manière que montrer que l'on peut acheter responsable (les articles sont fabriqués dans de bonnes conditions pour l'humain et l'environnement) tout en se faisant plaisir!

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    1. J'aime beaucoup le concept de vide dressing également. Mais j'ai du mal à y participer parce que en général pour les femmes de mon âge et de ma taille (44/46) il n'y a jamais rien. Donc c'est bien dommage.

      Il faudrait généraliser le concept de vide dressing pour que les femmes comme moi puissions y trouver leur bonheur.

      Deby

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