16 oct. 2015

Conférence sur le Dandy avec Ariel Wizman dans l'ImagYnarium


La vie nous réserve bien des surprises. Je ne vais pas vous raconter le pourquoi du comment, mais j'ai assisté à  de Eric Briones, un brillant planeur stratégique (l'un des plus brillants de sa génération) qui décrypte le luxe, la mode et l'enseigne dans l'école Moda Domani Institute (je ne sais pas ce qu'elle vaut ce n'est pas la peine de me le demander) ainsi que dans son blog (que je vous recommande vraiment) Darkplanneur.com


Bref, Eric Briones a donc invité Ariel Wizman à venir présenter son documentaire "Black Dandy" qui a été suivi d'une conférence débat sur le Dandysme d'une manière plus globale.



Il s'est trouvé que par le plus grand fruit du hasard j'ai pu réussir à y aller (bon ok c'est ouvert au public, j'ai eu vent de la conférence débat et je me suis "pointée").


Du coup, Ariel Wizman à répondu aux premièrs questions de Eric Briones et c'était passionnant. On a pu y apprendre que le Dandy est en fait un mec qui n'a aucun doute sur sa virilité, qui est hyper à l'aise avec son image et avec sa coolitude, et qui du coup peut complètement jouer avec les codes de la mode masculine jusqu'à aller piquer des pièces dans le vestiaire de la femme.



Conférence sur le Dandy avec Ariel Wizman dans l'ImagYnarium 

Et franchement, quoi de plus beau qu'un homme qui est tellement sur de sa virilité qu'il n'a pas besoin d'attribut "modaux" pour nous le prouver. C'est comme ces femmes qui sont tellement sûres de leur féminité qu'elles n'ont pas besoin de s'ultra sexualiser pour être des femmes. Le Dandy remet en cause l'ordre social en bougeant à ce point les codes de la mode et en s'appropriant autrement les pièces qu'il porte.


Conférence sur le Dandy avec Ariel Wizman dans l'ImagYnarium 

Puis, Ariel Wizman nous a expliqué l'importance de la fonction "sape" (acte d'être ultra habillé en faisant attention au moindre détail) au Congo, qui s'est par ailleurs étendu à d'autres pays du continent Africain avant d'arriver en Europe. Et pourquoi l'acte de se saper était une revanche de la vie sur la guerre ultra violente que vivent les Congolais depuis si longtemps. L'acte de se "saper"est une manière de montrer que malgré la guerre, les congolais peuvent vivre et être heureux. C'est vraiment un acte de revendication.



Puis les black americans, en détournant les marques pour s'approprier les codes des blancs bien sous tout rapport mais un peu (beaucoup) étriqués dans leur manière de s'habiller ont encourageés les marques a oser détourner leur logo. Oser afficher leur logo partout, sur toutes les pièces de mode. Ok ce n'est pas hyper classe, ok c'est complètement ostentatoire. Et après ? Ils ont fait évoluer la mode et les tendances de fond de la mode avec le bling bling. Ils ont eu une véritable influence. 



Une fois encore, comme toujours, la mode est un acte revendicatif.



Le Dandy est une sorte de punk modeux, le sapeur est un mec qui dit "je vis malgré la guerre", les black americains se sont appropriés la mode proprette des blancs pour "l'africaniser" en mélangeant les codes (comme une référence aux tissus Waxe).



Conférence sur le Dandy avec Ariel Wizman dans l'ImagYnarium 

La mode, la vraie, la revendicative, la créative, celle qui crée, pas celle qui fait du business, pas celle qui fait des ersatz de créateur à la chaîne. La mode donc est un cri de vie et de rébellion. La mode est un cri identitaire pour s'affirmer.


Pas besoin de se prendre en photo sur instagram tous les jours avec des Stan Smith au pied pour faire partie du groupe des modeuses ! Non, là vous faites partie des suiveuses. La mode c'est autre chose, c'est être soit, c'est s'affirmer, porter ce que l'on aime, une belle pièce que l'on a fait faire sur mesure. 


Quel besoin d'avoir 4 jeans différents ? Quel besoin d'avoir des tee-shirt à 4 euros ? Dans le documentaire d'Ariel Wizman on voit les noirs porter, revendiquer leurs histoires de l'esclavage en portant des fringues fabriquées par les nouveaux esclaves modernes. Et c'est là que Ariel Wizman touche du doigt un sujet qui me préoccupe et que j'aborderai dans un prochain article : la mondialisation de la mode et ses travers.



Bien sûr ce n'est pas en quelques lignes que je couvrirai ce sujet. Mais la surconsommation mondiale de la mode et de la beauté fait que l'on fait fabriquer au plus faible coûts des produits dont nous n'avons pas réellement besoin. Est-ce que nous avons besoin de tous ces tee-shirt ? De tous ces pulls ? De toutes ces robes ? 



Le dandy, pour revenir au sujet de la conférence, va en boutique vintage trouver de belles pièces, qui ont de belles matières, qui ont éprouvées le temps et qui ne coûtent pas une blinde. Le Dandy va chez sa couturière perso faire faire des pièces unique et ça ne coute pas plus chère que d'acheter 4 chemises ou 4 pulls qui seront de piètre qualité. Le Dandy aime ce que lui trouve beau, pas ce que les autres trouvent beau. C'est son regard qui compte.



Conférence sur le Dandy avec Ariel Wizman dans l'ImagYnarium 

Le mot de la fin que j'ai twitté : La hype du cool. Que l'on parle de toi sur les réseaux sociaux alors que tu n'y est pas
Deby Mag Web Developer

Deborah Bete, 40 ans mariée, un enfant.
J'habite et travaille à Paris.
Enthousiaste et mordue de make-up, de produits de beauté. Mais également très gourmande, c'est pour cela que je parle de temps en temps de gourmandise...

4 commentaires:

  1. Très bel article qui ouvre la porte sur le langage de l'allure…
    on en attend pas moins de l'élégante Deby.
    A quand la suite ?

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    1. Ho comme c'est gentil ça ! Merci beaucoup.

      Je travaille sur la suite qui va traiter un autre sujet.

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